L’Organisation
internationale du Travail se réjouit de la position ferme adoptée par
le Président des États-Unis, Barack Obama, contre le travail forcé qui
touche quelque 21 millions de personnes dans le monde.
Actualité | 28 septembre 2012
Actualité | 28 septembre 2012
GENÈVE (OIT Info) – Les nouvelles mesures prises par les États-Unis
contre ce que le Président Barack Obama a qualifié «d’esclavage moderne»
vont contribuer à faire prendre conscience d’un fléau qui affecte trois
personnes sur mille dans le monde, a déclaré l’OIT.
«Les
nouvelles mesures, ainsi que les fortes prises de position du Président
Obama, peuvent jouer un rôle majeur pour mettre en lumière la véritable
ampleur de la traite des êtres humains qui touche tous les pays, à un
degré ou un autre», explique Beate Andrees qui dirige le Programme d’action spécial pour combattre le travail forcé du BIT.
Près de 21 millions de personnes sont victimes du travail forcé à
travers le monde, prises au piège d’emplois qui leur ont été imposés par
la contrainte ou la tromperie et qu’elles ne peuvent quitter, selon les
statistiques de l’OIT
publiées en début d’année. Quatre-vingt-dix pour cent des victimes sont
exploitées par des particuliers ou des entreprises, tandis que 10 pour
cent sont contraintes de travailler pour l’Etat, pour des groupes
militaires rebelles ou en prison. L’exploitation sexuelle concerne 22
pour cent de l’ensemble des victimes et l’exploitation économique de la
main-d’œuvre représente 68 pour cent du total.
«Réussir à
identifier et à engager des poursuites contre les individus qui plongent
tant de personnes dans cette misère demeure très difficile – cela doit
changer», ajoute Mme Andrees.
Dans un discours prononcé le 25
septembre, le Président Obama a déclaré que la traite d’êtres humains
n’était rien d’autre que de «l’esclavage moderne» et que ce combat était
«l’une des plus grandes causes de notre temps dans le domaine des
droits de l’homme».
Il a annoncé une série de mesures
nouvelles destinées à intensifier la lutte contre le trafic d’êtres
humains; il a publié un décret qui renforce encore la politique stricte
existant en matière de prévention du recours au travail forcé par les
fournisseurs du gouvernement des Etats-Unis.
| Estimation globale des personnes victimes du travail forcé | 20.9 millions |
| Asie et Pacifique | 11.7 millions |
| Afrique | 3.7 millions |
| Amérique latine et Caraïbes | 1.8 million |
| Economies développées | 1.5 million |
| Europe centrale, orientale et du Sud-Est (hors UE) et Communauté des Etats indépendants | 1.6 million |
| Moyen-Orient | 600 000 |
Parmi ces mesures figure l’obligation pour chaque fournisseur ou
sous-traitant du gouvernement américain de respecter un plan de
conformité: il s’agit d’un «plan de recrutement et de rémunération qui
autorise seulement l’utilisation d’agences de recrutement dont le
personnel est formé, qui prohibe la facturation de frais de recrutement à
l’employé, et qui garantit que les salaires répondent aux exigences
légales du pays d’accueil ou justifie tout écart».
Les
victimes du travail forcé appartiennent généralement à des catégories de
personnes vulnérables – des travailleurs peu qualifiés retenus par des
moyens illégaux et peu ou pas rémunérés. Il s’agit souvent de femmes et
de jeunes filles contraintes de se prostituer et de travailleurs
migrants piégés dans la servitude pour dette.
L’OIT travaille
en étroite collaboration avec les partenaires gouvernementaux, les
travailleurs, les employeurs et les parlementaires du monde entier pour
améliorer la législation et mettre en œuvre des politiques nationales
contre le travail forcé et les conditions qui ont permis son essor.
La plupart des Etats Membres de l’OIT ont ratifié les deux conventions
de l’OIT qui traitent spécifiquement du travail forcé: la convention (n°
29) sur le travail forcé, 1930, et la convention (n° 105) sur
l’abolition du travail forcé, 1957.
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