dimanche 7 octobre 2012

Campagne américaine contre «l’esclavage moderne»

L’Organisation internationale du Travail se réjouit de la position ferme adoptée par le Président des États-Unis, Barack Obama, contre le travail forcé qui touche quelque 21 millions de personnes dans le monde.

 Actualité | 28 septembre 2012 
GENÈVE (OIT Info) – Les nouvelles mesures prises par les États-Unis contre ce que le Président Barack Obama a qualifié «d’esclavage moderne» vont contribuer à faire prendre conscience d’un fléau qui affecte trois personnes sur mille dans le monde, a déclaré l’OIT.

«Les nouvelles mesures, ainsi que les fortes prises de position du Président Obama, peuvent jouer un rôle majeur pour mettre en lumière la véritable ampleur de la traite des êtres humains qui touche tous les pays, à un degré ou un autre», explique Beate Andrees qui dirige le Programme d’action spécial pour combattre le travail forcé du BIT.

Près de 21 millions de personnes sont victimes du travail forcé à travers le monde, prises au piège d’emplois qui leur ont été imposés par la contrainte ou la tromperie et qu’elles ne peuvent quitter, selon les statistiques de l’OIT publiées en début d’année. Quatre-vingt-dix pour cent des victimes sont exploitées par des particuliers ou des entreprises, tandis que 10 pour cent sont contraintes de travailler pour l’Etat, pour des groupes militaires rebelles ou en prison. L’exploitation sexuelle concerne 22 pour cent de l’ensemble des victimes et l’exploitation économique de la main-d’œuvre représente 68 pour cent du total.

«Réussir à identifier et à engager des poursuites contre les individus qui plongent tant de personnes dans cette misère demeure très difficile – cela doit changer», ajoute Mme Andrees.

Dans un discours prononcé le 25 septembre, le Président Obama a déclaré que la traite d’êtres humains n’était rien d’autre que de «l’esclavage moderne» et que ce combat était «l’une des plus grandes causes de notre temps dans le domaine des droits de l’homme».

Il a annoncé une série de mesures nouvelles destinées à intensifier la lutte contre le trafic d’êtres humains; il a publié un décret qui renforce encore la politique stricte existant en matière de prévention du recours au travail forcé par les fournisseurs du gouvernement des Etats-Unis.

Estimation globale des personnes victimes du travail forcé 20.9 millions
Asie et Pacifique 11.7 millions
Afrique 3.7 millions
Amérique latine et Caraïbes 1.8 million
Economies développées 1.5 million
Europe centrale, orientale et du Sud-Est (hors UE) et Communauté des Etats indépendants 1.6 million
Moyen-Orient 600 000

Parmi ces mesures figure l’obligation pour chaque fournisseur ou sous-traitant du gouvernement américain de respecter un plan de conformité: il s’agit d’un «plan de recrutement et de rémunération qui autorise seulement l’utilisation d’agences de recrutement dont le personnel est formé, qui prohibe la facturation de frais de recrutement à l’employé, et qui garantit que les salaires répondent aux exigences légales du pays d’accueil ou justifie tout écart».

Les victimes du travail forcé appartiennent généralement à des catégories de personnes vulnérables – des travailleurs peu qualifiés retenus par des moyens illégaux et peu ou pas rémunérés. Il s’agit souvent de femmes et de jeunes filles contraintes de se prostituer et de travailleurs migrants piégés dans la servitude pour dette.

L’OIT travaille en étroite collaboration avec les partenaires gouvernementaux, les travailleurs, les employeurs et les parlementaires du monde entier pour améliorer la législation et mettre en œuvre des politiques nationales contre le travail forcé et les conditions qui ont permis son essor.

La plupart des Etats Membres de l’OIT ont ratifié les deux conventions de l’OIT qui traitent spécifiquement du travail forcé: la convention (n° 29) sur le travail forcé, 1930, et la convention (n° 105) sur l’abolition du travail forcé, 1957. 

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